La réflexion…

La prise de conscience est assez longue. On ne sent pas très bien au travail, mais on ne parvient pas à mettre les mots sur cette sensation, ce qui se répercute sur la vie privée. On a de moins en moins de motivation pour se lever le matin alors on pense à changer de travail. Quelques mois ou années plus tard, ce même cycle se reproduit. Un jour on se demande mais pourquoi je vais travailler ? Quelques réponses : « Il faut bien travailler pour gagner de l’argent », « J’ai des factures à payer », « Il faut que je puisse sortir pour avoir des amis », « Voir mes collègues qui sont sympas », « Avoir des trucs à raconter à mes proches, à ma famille », et puis c’est normal « tout le monde doit avoir un travail »… On se trouve tout un tas de raisons à son existence pour essayer de se rassurer. On évoque également la crainte de ne pas avoir d’argent, de finir à la rue comme le clodo que l’on voit tous les matins avant d’aller bosser. Puis on se demande pour qui on travaille. Ses chefs ? Son pays ? Pour soi ?… Beaucoup de confusion ressort de ces questionnements qui peuvent être regroupés sous cette interrogation : Quel est le sens de cette existence ?

La société n’en a que faire du bonheur des individus, pourvu simplement qu’ils remplissent leur rôle à leur échelon, qu’ils soient simples exécutants ou plus haut dans la pyramide. Cette société nous vend la réussite sociale comme un modèle à accomplir où l’argent règne en maître. Un jour, on n’a plus envie de faire partie du jeu, de cette compétition vide de sens qui relaie l’Homme à un rouage de la mécanique, où les chefs mettent de la distance volontairement avec les employés parce que ce mode de management est encouragé par les pairs. Nous ne luttons pas non plus à armes égales dans la mesure où nous ne nous gavons pas de toutes les boissons énergisantes, pour ne citer que les cafés, thés et autres sodas. Il paraît que cela permettrait de compenser la fatigue face à l’écran. Nous pensons que ça ne fait qu’épuiser le système nerveux. Pour rester dans le groupe, nous nous orientons vers les infusions et décaféinés. La viande ayant été éloignée de notre régime alimentaire, nous ne sommes plus envahis par les neurotransmetteurs et autres hormones qui permettent de garder la pêche de façon artificielle, mais hélas avec les conséquences qui se paieront un jour obligatoirement. Ces dernières n’étant pas immédiates, à quoi bon se poser des questions ou essayer de changer ses habitudes ?

Rester stoïque face aux préjugés et mensonges assumés, pour ne pas laisser s’abimer autrui dans une réaction violente de rejet, devient de plus en plus difficile. Nous sommes en quête de vérité en allant chercher des réponses en dehors des sentiers battus alors que même ceux qui se pensent instruits se vautrent en réalité dans les fanges de l’ignorance[1]. Suivre le courant dominant permet de se conforter dans sa situation, de se trouver des excuses sur sa vie, sur sa santé, sur son couple, sur son travail. Avec nos idées, nous frôlons parfois les accusations de conspirationisme ou même de complotisme, il est donc préférable de garder le silence et d’attendre que la tempête passe, avoir la sagesse de garder ses connaissances pour ne pas heurter notre prochain trop préoccupé par le quotidien, en masquant le plus élégamment possible son tablier de passager clandestin, notamment au sujet de l’alimentation. Élaborer un catalogue de remarques ou citations à notre égard n’ajoutera rien de pertinent à cette description, nous ne souhaitons pas entrer dans des considérations personnelles mais garder une portée plus générale. Si vous lisez ces lignes, vous pourrez parfaitement identifier des exemples dans vos vies.

Nous ne voulons plus contribuer à l’entretien de ce monde superficiel qui est vendu par cette société qui ne répond en rien à nos besoins fondamentaux. Cette boucle qui s’auto alimente par la consommation exacerbée, où l’Homme n’est devenu qu’un esclave déguisé en citoyen, représentant un profit pour une poignée de personnes qui gouvernent le monde. Dans cette démarche, c’est le courage de fuir dont nous avons besoin, quitter cet environnement pollué, agressif, acide, dégénératif qui n’est plus en aucun cas propice à l’épanouissement naturel de l’individu. Nous pouvons citer l’exemple de la nourriture industrielle, des ondes électromagnétiques émises par antennes relais, boxes wifi, ou encore les compteurs électriques Linky en cours d’installation, du stress ambiant de façon plus générale… Fuir mais avec un objectif, celui de se gorger d’expériences pour proposer des alternatives à ce mode de vie. En pleine conscience de ces éléments, nous avons décidé d’aller vers un autre chemin pour répondre à nos besoins vitaux pour poser un nouveau regard sur notre monde grâce à cette quiétude retrouvée.

Mais de quoi a-t-on véritablement besoin pour vivre et non survivre ? Vivre proche de la nature, boire de l’eau pure, respirer de l’air pur, manger des aliments sains, disposer d’un environnement calme, être entouré par une tribu pour se sentir en sécurité. Ces principes qui conditionnent l’épanouissement humain ne sont plus réunis dans notre contexte de vie, il existe une force impalpable que l’on ne parvient pas à identifier clairement qui œuvre à la mise à mal de ces conditions d’épanouissement.

Sans recul, nous pensons notre mode de vie comme normal parce que parents, familles, amis, voisins suivent tous ou presque les mêmes routines. La remise en question ne paraît pas naturelle. Ces mêmes personnes indiqueront la même marche à suivre à leurs descendants. Que faire face à ces jeunes parents qui perpétuent les mêmes habitudes alimentaires pour leurs petits ? Je voudrais tellement leur dire que McDo, les bonbons, les chips, les frites… sont tous des poisons pour leur enfants entrainent maladies, excitabilité, sensibilité, etc… Mais les remarques d’un adulte sans enfant ne sont pas vraiment prises au sérieux, et perçues comme une intrusion malvenue. Que répondre à un parent qui clame qu’il a fait des enfants tôt pour être tranquille en retraite ? La pérennité de ce système apparait donc inévitable, mais pourquoi ? Nous disposons tous des mêmes sources d’informations, les grands médias, notamment la télévision, véhiculant les principes que nous devrions tous suivre pour renforcer cette boucle. Ils ne font que l’apologie de la surconsommation au travers d’émissions de divertissement, de spots publicitaires, d’images pleines de violence. Tout cela est présenté une fois de plus comme normal puisque ce sont les « dieux » dans le petit écran qui le disent. Une fois que l’on sait, on ne peut plus vivre avec en faisant semblant de ne pas voir cette réalité, l’écran de fumé dont nous sommes aspergés continuellement, à moins de pratiquer l’ignorance volontaire.

Le prix à payer de cette remise en question est élevé, il consiste à questionner beaucoup de choses, notamment notre éducation familiale et scolaire, nos choix que l’on a considérés comme libres de toute influence, notre travail, nos amis, nos loisirs… Tout cela aurait-il été téléguidé par notre société ? Grâce à l’éveil de notre conscience, nous sommes capables de reprendre le pouvoir sur ce qui apparaît comme la fatalité de vivre impuissant face à ce poids invisible, Dieu ou je ne sais qui : Merci !

Nous avons choisi de partir, de voyager, de s’éloigner de cette société, de ses totems, de ses idoles et de tout ce qui va avec. Nous avons choisi après 30 ans passés sur cette terre, de vivre et non de survivre au milieu de cet environnement non propice à la vie. Le bilan est fait, continuer sur cette route ne nous apportera rien dans notre quête personnelle, ce serait donner toujours plus de carburant à ce système de dégénération programmée. Nous avons décidé de vivre pour nous.

[1] Citation de mon illustre professeur de latin de la 5e à la 3e, Jean-Yves Genévrier. Il y avait aussi « Margaritas ante porcos » (Les perles devant les porcs)

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