Finlande

30 avril – 17 mai 2018
1 400 kilomètres

“La vie n’est pas un restaurant mais un buffet. Levez-vous pour vous servir.” Dominique Glocheux

 

Nous arrivons le 30 avril par le ferry, un vrai centre commercial sur l’eau, où le voyageur doit toujours pouvoir dépenser son argent quelque soit le moment.
Nous découvrons Helsinki, la capitale, en pleine festivité : concerts, rassemblements sur l’avenue principale, des tenues rigolotes pour certains. En effet, comme me l’explique une dame, c’est carnaval, ils célèbrent la vie, et le fait d’être en harmonie ensemble.
La ville est un bonheur pour le cycliste, il y a des voies vélo partout et du coup de nombreux adeptes de la petite reine font la queue tranquillement au feu rouge. Nous retrouverons ces voies tout au long de notre route, aux abords des villes. Côté route, nous n’avons pas vraiment suivi l’Eurovelo 11, correspondant à la E75, en raison de la présence de camions. Les routes sont en très bon état même si il y en a de moins en moins en direction du nord. À partir du cercle polaire, la circulation devient quasi nulle et les rennes font leur apparition sur les bords des routes.
Un sentiment de quiétude, d’ouverture envers les autres se dégage dans le pays. Ici les vélos ne sont pas attachés devant les supermarchés, les maisons ne sont pas cloisonnées à l’abri des autres par des barrières et nous sommes dans un pays où le camping sauvage est légal ! Quel joie pour nous! Dans les pays scandinaves, l’accès à la nature est un droit pour tous, il n’est pas question de propriété privée, cela s’appelle Allemansrätt (plus d’informations sur https://visitsweden.com/about-the-right-of-public-access/).
Nous passons notre première nuit, dans un petit champ, non loin d’un quartier résidentiel, avides de découvrir ce pays où les gens sont, paraît-il, si heureux.
Les premiers jours sont pluvieux puis à partir de Jyvaskyla, voilà le printemps ou plutôt l’été ici. Les beaux jours nous accompagneront jusqu’à l’entrée en Norvège. Au cercle polaire, une dame nous indique qu’il y avait encore 50 cms de neige il y a une semaine. On se demande comment ils vivent et circulent en hiver, nous qui sommes habitués à une France paralysée dès les premiers flocons de neige… « Nous circulons très bien, les routes sont dégagées » précise-t- elle. On voit encore les traces de motoneiges sur les lacs gelés.
En vélo, en roller avec bâton, en séance de canicross avec leur husky ou tout simplement en balade, les finlandais sont dehors, bien équipés dans leurs vêtements techniques, profitant de la sortie de l’hiver pour faire le plein de vitamine D et de glaces, ils en raffolent.
Nous découvrons les habitudes finlandaises à travers la vie dans les supermarchés. Ces lieux de consommation sont aussi un lieu où le plaisir du jeu s’exerce fortement. Dans tous les lieux tels que les centres commerciaux ou les stations essences, la présence de machines à sous, nous intrigue. Ces dernières ameutent de nombreuses personnes âgées, une grande majorité de la population locale, ou sans emplois confiant leur espoir au hasard. Une française rencontrée à Rovaniemi nous confiera que l’ensemble de l’argent de ces machines est reversé aux bonnes œuvres et à des organisations. « Ils ne font pas que jouer, ils font aussi une bonne action ».
Dans nos belles rencontres nous n’oublierons pas Aapo, l’agriculture qui nous découvre dans un champ lors de son footing avec un de ses husky. Jeune agriculteur blond avec un anglais parfait, intéressé par notre histoire, on est loin du cliché de l’agriculteur français. Il y a aussi un petit couple de retraités, qui nous découvre un soir dans un de leurs champs. Nous faisons connaissance par signe, ils ne parlent pas anglais. Puis au matin, ils nous accueillent à l’ouverture de la tente pour nous inviter à un petit déjeuner. Une belle table nous attend, et ils invitent une voisine qui parle anglais. Dans une ambiance chaleureuse, on se croirait chez nos grands parents. Nous repartons avec un pain maison et des sandwiches. Un grand merci pour leur gentillesse.

Autre découverte au supermarché qui fait un tabac : les machines à recycler.
Le système de consigne a été instauré avant même que les idées écologistes ne se répandent, et cela a habitué les habitants depuis longtemps à agir ainsi, tout le système de recyclage a ensuite profité de ces bonnes habitudes. Ainsi, pour les bouteilles de boisson, le taux de retour est très élevé (plus de 90%). Cela fait de l’argent de poche pour les enfants, de l’argent pour les SDF… (machine en photo dans lesquelles les gens peuvent ramener les bouteilles, contre 20 ou 30 centimes). Nous en observons les résultats sur les bords des routes, bien plus propres que les autres pays visités. À quand ces machines en France ? Dans le monde ?
À Rovaniemi, ville du village du père Noël, nouvelle capitale de la Laponie, et ville la plus criminelle du pays, nous passons le cercle polaire. Ici la densité de population passe à 2hab/km2, une ville tous les 100 kilomètres environ, des paysages magnifiques entre Ivano et Inari, puis c’est la steppe aride jusqu’en Norvège.
À tester en Finlande, les laavu, abris de petites maisons ou tippis où l’on peut faire du feu, bois coupés disponible à côté. Ils sont ouverts et disponibles à tous (lien pour les trouver http://www.laavu.org). Nous les avons découvert grâce à Stephen, autre cyclovoyageur, roulant vers le cap Nord, dont nous partagerons des moments forts.
À bientôt pour la Norvège !

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