Objectif Cap Nord

17 mai – 26 mai 2018
700 kilomètres

« C’est en se jetant dans le monde, en y souffrant, en y luttant, que l’homme se définit peu à peu » Jean Paul Sartre

« Ne remettez pas à plus tard vos projets, réalisés les » Deux voyageurs français retraités.

 

Après 130 kilomètres de steppe inhabitée, nous voilà en Norvège, jour férié célébrant le jour de la constitution (datant du 17 mai 1814, elle est la plus ancienne constitution écrite en vigueur en Europe).
L’ eurovelo 11 tient bien sa réputation d’être exigeante et nous allons le vérifier très vite. Nous rejoignons Stephen qui sera notre camarade de route pour ce challenge.
Après un déjeuner au dernier village Olderfjorg, nous prenons la route qui s’étend jusqu’à Honningsvåg puis le cap Nord, Nordkapp à 128 kilomètres de là, sur l’île de Magerøya. Entre les falaises et la mer de Barents, nous roulons vent de dos, sud ouest, alternant entre anses, tunnels et rencontres avec les rennes.
Avant l’île, la route quitte les bords des falaises et nous roulons sur des plateaux exposés au vent dominant de cette région, le vent d’ouest. L’intensité est tellement importante que nous préférons nous poser, le plus à l’abri, 10 kilomètres avant le passage du tunnel vers l’île.
Au matin, après une nuit venteuse, nous partons à l’assaut du Cap Nord, le vent est toujours bien présent.
Premier challenge, le tunnel sous la mer, le panneau annonce la couleur : 200 mètres sous la mer, 7 kilomètres de longueur et une forme en V, -9% +10%. Honningsvåg pointe le bout de son nez, seule ville sur l’île, la route est bien calme pour ce weekend de la Pentecôte, seul quelques campings cars nous doublent.
Il reste 20 kilomètres pour atteindre l’objectif, 20 kilomètres de défi. 2 grosses côtes, des dénivelés à 9%, et du vent à gérer. Le paysage est complètement enneigé et les lacs sont encore gelés. Après 5h30 heures d’effort, la pancarte Nordkapp nous accueille et le ‘tourist center’ nous appele comme refuge. Perché à 307 mètres de hauteur sur sa falaise, le lieu est complètement exposé au vent. Nous retrouvons Stephen pour un déjeuner bien mérité et nécessaire. En effet, impossible de rester ici, il faut repartir assez vite et la météo nous annonce des vents plus violents prochainement.
Au moment de partir, nous croisons des français venus en camping car. Un bref échange et nous reprenons la route en sens inverse, certe il y a deux belles descentes et une seule montée mais surtout le vent est désormais de face et la pluie est de la partie.
Je n’ai jamais eu aussi mal aux cuisses à la fin de cette journée à lutter contre les éléments. Le vent s’engouffre entre les falaises et on se retrouve déportés, sans comprendre… Plus de 9 heures de vélo et 112 kilomètres pour la journée, nous posons la tente à l’entrée du tunnel, épuisés. Le vent sera tellement violent dans la nuit, que le repos désiré sera remis à plus tard.
La tente hilleberg a parfaitement supporté les rafales, 20 points d’attache au sol n’étaient pas de trop. Les campings cars stationnés sur le parking du Cap Nord aurons aussi eu de belles frayeurs en voyant leurs véhicules balancés…
Le lendemain, on repasse le tunnel, les cuisses sont surchauffées, et nous devons revenir au village d’Olderfjord, à 80 kilomètres, vent de face, à une allure d’un peu plus que 10 km/h. Les conditions sur l’île et aux alentours sont telles qu’il est impossible en vélo-tente de rester trop longtemps, on se sent dans un univers hostile.

Le couple de français rencontré la veille, nous offre une pause réconfortante dans leur camping car, à l’abri du vent qui souffle constamment dans les oreilles.
30 kilomètres encore et nous rejoignons le village. Nous sommes à bout, conscients d’avoir repoussés nos limites. Nous ne pouvons pas aller plus loin et plantons la tente derrière la supérette du coin, le vent ici n’est plus un inconvénient. Stephen continue plus loin à la recherche d’arbres pour son hammac, et voilà qu’un autre cyclovoyageur débarque. Lorenz, italien, est en route pour le Cap Nord où il terminera son voyage commencé en septembre 2017. Il plante sa tente à côté de nous pour la nuit.
Enfin une bonne nuit reposante, nous prenons notre temps le matin avant de remonter en selles. La route du jour, sur 91 kilomètres, ressemble à un désert encore gelé où il y a parfois quelques habitations mais pas d’habitants en vue, un nouveau terrain hostile à l’homme, où pluie et grêle viendront s’ajouter pour nous challenger encore plus.
Le soleil se lève quand nous sortons de là pour découvrir la mer et la baie verdoyante.
À Alta, nous profitons d’un lieu magnifique au bord de la mer, avec une petite cabane pour faire du feu. Le soir nous assistons à la balade de deux dauphins au bord de l’eau.
Après cette pause, nous quittons Stephen qui continue la route en Norvège et nous descendons vers le sud.
Nous quittons le pays, comme nous l’avons traversé, avec un vent de face.
Stephen est bloqué par les conditions météorologiques des côtes norvégiennes et Lorenz a terminé l’ascension en cassant sa pédale de vélo.

Nous sommes soulagés et ravis de retrouver la belle Finlande!

Le nordkapp représente un défi, un challenge, c’est une sorte d’Ushuaia européen du cyclovoyageur, un bout du bout. Point de départ ou d’arrivée pour des périples, il est un lieu mythique, plus qu’un paysage à découvrir.
Au delà du dépassement de soi, nous aurons eu le plaisir de faire de belles rencontres dans ce lieu de convergence du voyageur à vélo.
Bonne route à tous et à bientôt sur Terre !

Plus de photos à venir…

3 commentaires

  1. Interesting testimony of ones adventures in the Honnisvag area, where prevailing winds are indeed risk ob its own rights.
    In my case, been thrown of the road to a nearby ditch.

    Good luck on the road, the summer is coming

  2. Coucou les jeunes…. contents de vous savoir sains et saufs après ce long périple dans des conditions extrêmes. Dommage de vous avoir rates à Göteborg où nous y étions aux mêmes dates que vous. Nous avons souvent pensé à vous et votre courageuse endurance. De notre côté moins de souffrance nous avons fait le tour du Danemark puis les Pays Bas et sommes actuellement à Bruxelles. Ensuite il faudra rentrer doucement. N’hésitez pas si vous passez sur la Côte a venir nous voir. Cela nous fera plaisir. À bientôt !
    Georges & Evelyne (les retraites en camping car)

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