Suède

« La Suède, c’est grand » F

21 jours ( 30 mai 2018 – 19 juin 2018)
1 700 kilomètres

Du vent, de la forêt, des moustiques et des moucherons agressifs… Voici un résumé de notre passage en Suède.


Bienvenue dans le pays des blonds ! Ici l’anglais est encore plus parlé, de l’enfant à la caissière, tout le monde vous répond dans la langue de Shakespeare. L’influence américaine s’affiche aussi par les nombreuses vieilles voitures de collection, souvent de sortie les weekends.
Plus encore qu’en Finlande et en Norvège, à chaque maison on retrouve le drapeau national, signe de fierté d’appartenance au pays.
Nous pensions trouver l’été en descendant vers le sud mais la Suède ne nous laissera que peu de jours ensoleillés, notamment avant notre première grande ville au nord, Lulea.
Nous choisissons de rejoindre la E45, une des deux routes qui descend vers le sud. Contrairement à la E4, qui est plutôt une autoroute le long de la côte, le trafic est moins dense et l’aménagement est bien plus ‘bicycle friendly’.
Nous partagerons la route avant le flot incessant de camping cars, majoritairement d’origine allemande et néerlandaise. Le soir, alors que nous n’avons toujours pas de nuit, c’est avec les moustiques et les moucherons que nous partageons le vestibule de la tente. Mon front est encore marqué…
À Ostersund, la grande ville de l’ouest, nous rencontrons un couple de français retraités voyageant en camping car, nous échangeons nos histoires de baroudeurs autour d’un café en centre ville. Ostersund représente pour nous le siège social de notre constructeur de tente, Hilleberg, alors nous passons à l’improviste voir les locaux. Nous ne pouvons que vanter la qualité et la résistance de leur tente ainsi que le service après vente, toujours disponible.
Côté météo, le vent, qui est toujours de dominance ouest, est un facteur à surveiller constamment et les prochains jours, il est annoncé en plus venant du sud et de plus en plus fort.
Alors les jours plutôt favorables, nous battons des records, 126… 149… 142 kilomètres. Les 11 derniers jours de Suède nous aurons roulé 1 000 kilomètres au total.
Sur les 300 dernièrs kilomètres, c’est un retour à la civilisation pour nous (la plupart de la population du pays vit sur la côte et dans cette zone) :
Grandes villes, conduite irresponsable des automobilistes, accidents de voiture, individualisme et peu d’échange avec les gens, signalisation ‘voisins vigilants’… La différence est frappante pour nous. Une anecdote pour illustrer ce propro :
L’avant dernière nuit en Suède, nous nous posons dans l’herbe à côté de quelques arbres, il y a une petite route de campagne et une maison de l’autre côté de celle ci. (Pour rappel, le camping sauvage est autorisé en Scandinavie même sur terrain privé)
À 5 heures du matin, nous sommes réveillés par le propriétaire de la maison qui vient de mettre en marche la tondeuse à gazon. On sort de la tente vu que nous ne pouvons plus dormir, et le voilà qu’il éteint son engin et rentre chez lui, se cacher en attendant que nous partions.
Heureusement nous garderons plutôt en mémoire les belles rencontres :
Tout d’abord, Lisa, retraitée, à côté de Lulea : alors que nous demandions de l’eau, nous nous retrouvons attablés une part de gâteau maison et du café. Lisa nous accueille chez elle où elle vit seule et nous ne quitterons la maison que le lendemain, après un sauna, et une bonne nuit dans un lit. Nous découvrons le petit déjeuner typique ici le porridge et sommes amusés de déguster le fromage français, le brie, sur des gâteaux secs type petit Lu.
À Lulea même, devant le supermarché, Åsa vient à notre rencontre après avoir aperçu les vélos. De mon côté je la reconnais pour l’avoir vu sur le réseau d’entraide warmshower. Elle nous invite chez elle où elle organise un repas le soir et nous propose un lit pour la nuit dans son charmant appartement.
C’est une grande voyageuse, elle a traversé l’Atlantique en bateau, vécu au Canada, voyagé dans de nombreux pays. De plus, elle parle français. Merci à elle pour son hospitalité et son partage de vie.

Côté partage d’histoire et de vécu, la palme revient à cet allemand de 67 ans qui voyage en vélo comme nous, et il dort également en tente. Un sacré personnage plein d’histoires et de conseils. Son premier voyage à vélo remonte à ses 11 ans; à 13 ans il part visiter son oncle à Marseille en vélo ! Son oncle n’était même pas chez lui !
Il a traversé les États Unis en 1976 pour le bicentenaire de l’indépendance.
Le monde est plein d’autres fous comme nous 🙂
Dans un genre différent, Benoît, jeune ambulancier français, voyage dans son fourgon sncf retapé par lui pour vivre dedans. Il revient lui aussi du Cap Nord et retourne en France. Nous lui souhaitons de nombreux autres voyages !!
Autre exemple, autre moyen, nous avons rencontré Martin, un suisse, marchant à pied depuis chez lui jusqu’au Cap Nord. Parti en février, il est arrivé là haut il y a quelques jours. Un grand bravo pour sa détermination !
Dernière rencontre suédoise avec une jeune fille de 23 ans chargée de réguler la circulation sur la petite route où nous passons. C’est en fait une backpacker bien chevronnée qui a fait l’Amérique du Sud et l’Asie entre autre. Elle bosse pour payer son prochain voyage.
Notre mode de vie en dehors des contraintes stressantes et encadrantes, nous donne l’occasion d’échanger et de partager avec les autres, prendre du temps pour s’intéresser à la vie des gens, comme entendre l’histoire d’un réfugié afghan un après midi sur l’herbe.

L’épopée suédoise se termine à Goteborg sous la pluie et le vent, fiers d’avoir terminé ce si long pays. Direction le ferry pour l’Allemagne !

Ne nous parlez plus de forêt pendant un moment…

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