Amine et Fatim Zhera

F a eu des problèmes gastriques une bonne partie de la nuit en raison des excellentes légumineuses ingérées tout le long de la journée. Malgré tout, nous partons de la station service à 7h30.
Nous roulons sans arrêt sur les dix premiers kilomètres pour un dénivelé de 700 mètres, une première pour nous, afin d’atteindre les 1900 mètres d’altitude, et le village de Tihmadit. Nous apercevons de nombreux macaques au milieu de la forêt. Nous mangeons un petit tagine de légumes et laissons la viande de mouton au mignon petit chat qui semblait affamé, certainement un repas d’exception pour lui. Reprise de la route pour rejoindre les lacs d’Aguelmame Sidi Ali, les gens roulent n’importe comment, nous devons faire attention à chaque instant. Le paysage est toujours aussi magnifique, nous chatouillons les 2100m. Enfin nous arrivons à notre objectif et trouvons Amine et Fatima Zhera, les deux amis de Karim, rencontré hier, vivant entre les deux lacs 4 mois dans l’année. Ils ont 28 et 25 ans et vivent de cette façon depuis 5 ans. Le reste du temps, ils sont à Azrou pour gagner de l’argent, il est électricien pour les voitures et pour les mécanismes industriels. Nous partageons leur quotidien, ils nous accueillent comme des amis de longue date. Fatim Zhera prépare le thé, le café sous leur abris de fortune fait de couvertures tendues abritant leur tente. Ce mode de vie spartiate nous montre à quel point on peut vivre de pas grand chose. Ils se nourrissent en grande partie de poisson du lac : perche, brochet, carpe, sandre. Ils font les courses en auto stop tous les dix jours à Tihmadit pour la farine et autres produits frais. Au dîner, ils nous réconfortent avec des pâtes accompagnées d’une sauce tomate à base de carpe, délicieux. Amine nous apprend des mots supplémentaires venant enrichir notre vocabulaire. Le vent se lève, il fait froid, nous enfilons polaire et pantalon. Pour terminer la soirée, Amine allume le feu, les flammes dansent au milieu de la nuit, nous réchauffant généreusement. Notre sommeil est entrecoupé par les bruits de moteur, de la musique et les phares sur notre tente, ce ne sont que des pêcheurs mais l’imagination peut être très prolifique dans le noir et à cette altitude.
Le temps est très changeant en montagne, le soleil peut rapidement laisser la place à des nuages puis à de l’orage. Nous prenons le plus de précautions possibles pour gérer cet aléa.
Comment croire au hasard après cette rencontre, la vie nous met une nouvelle fois sous les yeux une inspiration incroyable. C’est un véritable retour au source qu’ils ont décidé de vivre, à la barbe de leur famille et de la religion très ancrée dans le pays. Nous sommes émus de les voir si heureux de vivre dans cette simplicité voulue au plus profond d’eux-mêmes.

5 commentaires

  1. Enfin de nouveaux récits de votre aventure ! On commençait à s’inquiéter, profitez bien c’est génial de nous faire partager tout ça 🙂
    Bises les amis

  2. C’ est avec joie, que l’ on retrouve la suite de votre aventure. Bon courage, bisous

    1. Nous avons fait un break coupé du monde mais nous sommes de retour !
      PS : nous faisons voyager votre pan tomate dans les coins reculés du Maroc !
      Bisous

  3. Je n ai jamais lu avec autant de plaisir un post sur un forum !
    Quel soulagement de vous savoir en pleine forme : )

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