Une journée ordinaire

Stip a rendez-vous à 7h pour faire le pain avec Fatim Zhera. Ils ont construit leur four à l’aide de terre. Après avoir fait lever la pâte, puis pétrir, on enfourne galette par galette. Entre temps, F caresse la maman des neufs petits chiots, elle a bien monté la garde durant cette nuit. Quant à Amine, il est à la pêche depuis 5h, on espère qu’il nous apportera des bons poissonets pour accompagner le pain délicieux sortant du four.
Ce sont cinq belles perches qui accompagneront le tajine de ce midi. Ce type de cuisson permet de garder toute la saveur des aliments, elle cuit au-dessus de la cheminée du four en terre. Lui aussi, le pain est délicieux, le bois de sapin lui donne un fumet particulier, le meilleur que l’on ait mangé jusqu’à ce jour. Tout cela accompagné de thé toujours très sucré, on comprend mieux la survenue de trous dans les dents à un âge avancé des marocains.
Nous commençons à pêcher dans le grand lac en début d’après midi mais sans succès, Stip en profite pour se baigner dans l’eau toujours fraiche. Comme on dirait chez nous, c’est la dolce vita, le soleil, le calme, la bonne nourriture et un bon moment entre amis. Retour à la pêche dans le petit lac, juste une perche touchée pour F, pas de tajine pour ce soir…
Une heure avant le coucher de soleil, Amine nous emmène faire le tour du grand lac pendant qu’il pêche la carpe. Stip aura eu l’occasion de faire un tour à dos d’âne, apparement une très bonne expérience. La nuit commence à tomber, pas vraiment rassurés, nous passons devant le camping où les gens sont entassés les uns sur les autres, reproduisant leurs habitudes de la ville. Nous nous depechons de rentrer pour retrouver notre quiétude et déguster le plat à base de riz, de pommes de terre, d’œuf et d’huile d’olive préparé par Fatim Zhera avant d’aller dormir. S’agissant des enfants, ils n’en auront pas. Pourquoi travailler plus et plus dure pour élever un enfant pour qu’à son tour il reproduise le même schéma. Ils préfèrent vivre à leur façon sans impliquer une autre vie, et déléguer à la société son éducation, nous comprenons et admirons ce courage d’aller à l’encontre du sens commun. Une très bonne journée.